Elle peint

 

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Elle peint

 

Elle ne peint pas des bouquets, elle peint des jaillissements. Des événements de couleurs. Le geste qui peint, né d’elle, se rejoint là-bas, sur le blanc, dans le geste des fleurs qui se libère, appelé par la lumière.

 

Elle peint, elle croît avec les fougères. Elle monte, elle tremble, se déplie, se disperse, elle se fait poreuse à la lumière.

 

Elle peint ses bouquets et on dirait une main qui s’ouvre. Une main qui, en s’ouvrant, ouvre l’espace opaque qui s’étend devant, chagrin, ennui indifférence, pour y mettre du rythme, des couleurs, de la transparence. Un peu de soi, un peu de joie. Elle peint comme on efface un voile de buée sur une fenêtre et c’est le matin, soudain, qui jaillit dans la chambre, la cuisine ou à l’intérieur de la tête.

 

Elle peint sa main en train de peindre, en train de naître. Sa main, sa maison, toute portes, toutes fenêtres ouvertes.

 

Elle fait venir le matin.

Elle fait venir les lointains.

Elle ouvre pour nous l’espace où naître.

 

JM Sourdillon

 

 

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